» Il arrive en effet que le principe de chacune de ces formes de gouvernement correctes (ὀρθαὶ πολιτεῖαι) soit poussé à l’extrême (εἰς τὴν ὑπερβολήν) par le moyen de divers sophismes politiques (τῶν πολιτειῶν σοφίσματα)[A 83] : quand l’autorité du gouvernant devient despotisme, la monarchie se mue en tyrannie ; quand la supériorité personnelle se transforme en supériorité de fortune, c’est l’oligarchie de richesse qui s’installe, dans laquelle seuls dirigent les plus riches ; quand la liberté devient licence, et que règne l’arbitraire au profit des plus pauvres et de ceux qui ont le moins de mérite, la « politie » dénaturée se mue en démagogie (en démocratie, pour parler comme Aristote) qui est un régime populaire, comme l’avait montré Platon[A 84]. 111.2. Idéalisme et réalisme fusionnent donc de façon originale[16], selon le principe défini par Aristote lui-même à la fin de l’Éthique à Nicomaque[A 3], où il expose le plan général de la Politique[17] : « En premier lieu, nous devons chercher à établir ce que nos prédécesseurs ont pu dire de juste sur chacun de ces cas, et ensuite rechercher, à partir de notre collection de constitutions, ce qui permet la conservation des États et ce qui entraîne leur destruction, à la fois en général et dans les cas particuliers des formes singulières des États, et également les causes du fait que les uns sont bien gouvernés et pas les autres. Pendant le premier âge, il ne faut pas réprimer les cris et les pleurs bruyants des enfants, « car ils sont utiles pour la croissance ; c’est une sorte d’exercice pour le corps[A 61] ». Il faut donc donner le pouvoir, en fonction de leurs compétences, à des hommes de bien, et non pas en fonction de leur naissance[A 79]. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. » Le territoire doit être difficile à envahir par les ennemis mais facile à évacuer par ses habitants. Le changement vient de ceux qui s’attaquent à la constitution afin qu’elle soit remplacée par une autre ; c'est aussi le cas lorsque les séditieux gardent les mêmes institutions mais prennent le régime politique sous contrôle[79]. Comme le suggère le titre de l'ouvrage, Aristote s’attache à déchiffrer le comportement politique des hommes et à comprendre ce qui est en jeu sous l’expression vie politique (βίος πολιτικός), un terme pris ici dans un sens très large, englobant la recherche rationnelle de ce qui est bon pour l'homme vivant au sein d’une communauté, tant sur le plan individuel que collectif[11]. À l'enfant de moins de cinq ans, on fera entendre des fables, choisies par les « inspecteurs de l’éducation » (les παιδονόμοι, pédonomes[Note 18]). Publié le 10 juin 2020 – Mis à jour le 18 septembre 2020. du 3 au 10 octobre 2020. » L'autorité du maître sur l'esclave doit être juste car ce dernier est sa propriété, l’esclave est comme une partie du maître : « Entre le maître et l’esclave, quand c’est la nature qui les a faits tous les deux, il existe un intérêt commun, une bienveillance réciproque » ; il en va tout différemment dans le cas de l’esclavage légal, quand c’est la loi et la force seule qui les ont faits l’un et l’autre ; l’esclavage sans distinction des captifs de guerre est un esclavage injuste rejeté par Aristote[A 43], parce qu'il est fondé sur un droit conventionnel né de la force et dont le principe est souvent une injustice initiale[50].  : […] Aristote pose ainsi le principe de la légitimité de l’État, en la distinguant de la simple légalité (άδίκως ἄρχειν). Les petites cités qui y présentent des concurrents, si elles gagnent, sont alors considérées comme meilleures que les plus grandes. J.-C.) [1] Notre mot « religion » renvoie en fait, en grec ancien, à une série de mots désignant plusieurs aspects particuliers de la spiritualité religieuse : … Mathieu Valbuena chez les Grecs mais lié à vie à l’OM Le duel d’ouverture de la campagne européenne aura une saveur particulière ce soir Voir la disponibilité. S'abonner à l'auteur. Vous êtes ici : Accueil. ORACLES ET POLITIQUE. III.3- ORACLES ET RATIONALITE. l'Antigone de Sophocle) que devant l'antagonisme entre nature et loi exploité diversement par les sophistes et que Socrate tentera de résoudre avant que le stoïcisme ne le dépasse. Toute association politique exige les vertus de sagesse et de justice : elle repose sur des bases éthiques[36], car « sans la vertu, l’homme est l’être le plus pervers et le plus féroce, le plus bassement porté vers les plaisirs de l’amour et du ventre[A 17]. La loi (nomos) exprime le pouvoir et la solidarité de la cité. La cité permet ainsi à l'individu d'atteindre sa perfection. Cette méthode analytique est parfois associée à la méthode génétique qui consiste à « regarder les choses évoluer depuis leur origine », selon les propres mots d’Aristote. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/conceptions-politiques-de-la-cite-antique/, https://www.universalis.fr/encyclopedie/conceptions-politiques-de-la-cite-antique/, Le monogramme de sociabilité et sa manifestation, Une procédure de désignation aristocratique. » La politie ou république tempérée est le régime le plus praticable et celui qui risque le moins de se dévoyer du fait d’une mauvaise pratique des institutions. Le bonheur, bien différent de la réussite, est entendu comme l’épanouissement spirituel des citoyens ; c’est la fin même de l’État ; il consiste à faire preuve de vertu, et particulièrement des quatre vertus cardinales que sont le courage (ἀνδρεία), la tempérance (σωφροσύνη), la justice (δικαιοσύνη) et la sagesse (φρόνησις)[18]. Il dégage ainsi du foisonnement innombrable des phénomènes particuliers que lui offre le réel, la forme abstraite qui définit leur essence ; partant des réalités singulières, il recherche leur loi interne. Il vaut donc mieux « s’en tenir à l’ordre consacré », selon le mot de Léon Robin[14], ordre suivi par un grand nombre d’éditeurs au XXe siècle, dont Jean Aubonnet aux éditions des Belles Lettres. La Grèce a enfin un nouveau Premier ministre, Lucas Papademos, et un nouveau gouvernement qui va des socialistes à l’extrème-droite – pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels en 1974. Cette affirmation, étrange pour nous, était justifiée par le fait que la politique est la science des fins les plus hautes de l'homme, par rapport auxquelles, les autres ne sont que moyens. Le règne et l’amour de la loi, définie comme « la raison libérée du désir », loi impersonnelle dépouillée des passions aveugles dont l’individu est la proie, est une exigence maintes fois réitérée par Aristote ; elle est au cœur de l’identité grecque[67]. À Athènes, au v e  siècle avant J.-C., la plupart des postes de magistrat étaient accessibles par tirage au sort au sein de l'assemblée du peuple ( Ekklèsia ), il en allait de même pour les membres du conseil ( Boulé ) et pour les héliastes parmi lesquels étaient recrutés les membres des tribunaux populaires ( Dikastèria ). La dernière modification de cette page a été faite le 18 janvier 2021 à 18:13. Il faut aussi s’assurer de leur fidélité en leur permettant d’avoir des enfants. » L'autre méthode, tout à fait opposée, est que le tyran adopte un comportement ayant les apparences de celui d'un roi. Le terme grec δημοκρατία / democratia, pris dans un sens péjoratif, est dans ce cas traduit par « démagogie » ou « régime populaire »[80],[81]. La Grèce paya de son indépendance de n'avoir pas dépassé ce cadre, … En s’interrogeant sur l'étendue du territoire, Aristote pressent très clairement la notion de frontière, élément constitutif de l’État[54]. Οr « seul parmi les animaux, l’homme a un langage » et une raison (λόγος / logos), grâce auxquels il décide, par « choix délibéré » (προαίρεσις), de « vivre en commun »[A 13]. Quels sont les remèdes possibles aux séditions et à la décadence des constitutions ? - Un choix politique delibere.  : […] L’ouvrage n'était pas destiné à la publication mais à l'enseignement d’Aristote[Note 1] : à l’occasion de ses nouvelles leçons, le philosophe traite parfois les mêmes thèmes de manière différente en les illustrant d’exemples toujours plus nombreux, et modifie, à la lumière de nouvelles études ou de nouvelles conceptions, les jugements qu'il a précédemment portés ; l’œuvre présente ainsi certaines incohérences et des ambiguïtés, mais qui ne remettent pas en cause toute sa politique ou son éthique[Note 2]. Il fonde la théorie de la Constitution comme une composante du régime politique lié aux habitudes et à la pratique[64] (ἔθος, éthos)[A 73]. Aristote critique l’ostracisme[Note 26], cette forme d’épuration profitable aux tyrans et dérive des démocraties qui éliminent ainsi ceux qui surpassent les autres par quelque avantage, acquis ou naturel. » Or, la monnaie est « le principe et le terme de l’échange[A 28] », « elle n’a été faite qu’en vue de l’échange ». Il n'est pas souhaitable en effet qu'un État soit trop vaste ni trop peuplé, car, comme Platon[A 48], Aristote montre que la connaissance mutuelle des citoyens est nécessaire à l’exercice du gouvernement direct par le peuple : « Pour répartir les charges selon le mérite, les citoyens doivent nécessairement se connaître avec leurs caractères particuliers, puisque là où ce n’est pas le cas, le choix des magistrats et les jugements se font dans de mauvaises conditions[A 49]. En effet, une constitution est caractéristique d'un État de droit, il est donc clair qu'il faut « préférer la souveraineté de la loi à celle d'un des citoyens »[A 80]. La vertu : tel était le thème de la journée d'étude organisée le 12 décembre 2007 à l'Académie des sciences morales et politiques à l'initiative du Centre de Recherches en Théorie générale du Droit. - Une situation politique particuliere. Élargissez votre recherche dans Universalis. III.3- ORACLES ET RATIONALITE. 111.2. L’ostracisme était inusité au temps d’Aristote. Les capitales européennes s'intéressent beaucoup plus que d'habitude à la tendance politique en Grèce. consulté le 25 janvier 2021. C’est dans ce sens qu’Aristote évoque dans la Politique la paideia en liaison avec les coutumes ou les mœurs (ἤθη), la philosophie, les lois et les institutions[Note 17]. Mais il faut attendre les réformes de Clisthène (— 508), pour que soient posées les conditions d'instauration d'une démocratie : le brassage imposé des […] Rosa Moussaoui. Lire la suite, Dans le chapitre « Les premières conceptions de l'autorité » Cette professionnalisation a plusieurs conséquences néfastes à la représentation démocratique. Ni la Grèce ni Rome ne l'auraient imaginé, et les références héroïques des conventionnels trahissent surtout la médiocrité de leur culture historique. Quelles disciplines enseigner à la jeunesse ? Dans les temps anciens, quand un même individu devenait démagogue et stratège, la constitution se changeait en tyrannie. Ainsi ils tentent de comprendre la création de la Terre et des dieux. La permanence de la souveraineté est la marque de la permanence de l’État ; Aristote est ici en désaccord avec Isocrate[A 91] pour qui les cités sont immortelles, mais il constitue déjà une source d’inspiration pour la modernité des analyses de Jean Bodin. Car le libre accroissement démographique aboutit à la misère, aux séditions et au crime[38],[Note 11]. » Un équilibre social stable est atteint si la classe moyenne (τὸ μέσον, οἰ μέσοι) est assez nombreuse pour détenir l’autorité. ». formule politique est exactement du môme type que celle d'Anaximan-dre : il dépose le pouvoir au centre, pour que personne ne règne sur des hommes, il abandonne la tyrannie, la royauté parce qu'il ne veut pas, en tant que tyran ou roi, régner sur des hommes qui sont des «isoï ». Retirer en librairie. Puisqu’il distingue les nobles occupations des citoyens libres et les activités des travailleurs asservis à des tâches manuelles souvent écrasantes, Aristote estime que l'éducation doit comprendre des matières indispensables, et quelques-unes utiles mais pas avilissantes : « On doit tenir pour avilissant tout travail, tout art, tout enseignement qui aboutit à rendre le corps, l’âme ou l’intelligence des hommes libres impropre à la pratique et aux actions vertueuses[A 60] », comme le sont les techniques des artisans, qui sont généralement des esclaves. ». Mais le pouvoir politique ne pourrait-il pas être considéré comme une autorité violente et contraire à la nature ? Platon avait déjà noté cette influence des vents et des eaux dans ses, « une part qui est belle, et une douceur naturelle ». Beaucoup de Grecs attribuent la victoire à la supériorité de l'organisation politique spartiate [136]. J.-C., à Lesbos, la poétesse Sappho dirige un institut d'éducation pour jeunes filles de haute naissance où elles peuvent s'adonner à des exercices physiques, court vêtues et montrant leurs cuisses. 2  C'est le cas notamment de la Constitution des Lacédémoniens , attribuée à Xénophon, qui a combattu contre sa propre cité sous les ordres du roi Agésilas II à la bataille de Coronée et a … Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire et recevez en cadeau un ebook au choix ! Musée des Moulages Venez découvrir les collections du Musée des Moulages à travers des visites thématiques. Plus que l'art de diriger un état, la politique est donc pour les Grecs l'art de vivre ensemble. Un homme qui ne vit pas en cité ne saurait être un humain véritable. Le gouvernement constitutionnel correct de la république (politéia) est la forme de gouvernement qui allie la citoyenneté au mode d'organisation de la cité. La Politique d’Aristote a donc permis de préciser les théories des droits de l’État, et surtout les relations entre l’Église et l’État : les principes aristotéliciens deviennent ainsi l’introduction à la politique religieuse des temps modernes. Lire la suite, Dans le chapitre « La politique » Parfois aussi, un régime … La grandeur optimale de la cité est déterminée par sa fonction propre. Illustré par une foule d’exemples historiques concrets tirés de toutes les parties du monde hellénique et servant de preuves aux thèses politiques, ce livre V se présente comme « ce manuel pratique de l’homme d’État dont s’inspirera sans doute Machiavel dans Le Prince et dans les Discours sur la première décade de Tite-Live[87]. Mais il fait une réserve pour l'homme de génie, l’être supérieur d’une vertu éminente (διαφέρων κατ’ἀρετήν) : il faut plutôt lui obéir de bonne grâce[Note 27], car « un tel individu est comme un dieu parmi les hommes »[A 95]. Deux types de récits expliquent la création du monde, les poèmes d’Hésiode et les Hymnes orphiques. Et comme les consultations privées coûtent bien souvent trop cher, certains patients ne trouvent malheureusement secours que dans le suicide. sur le livre La cité grecque s'est construite sur la destruction de tous les groupements reposant sur la parenté. Le plan d’ensemble de la cité idéale sera « moderne », dit Aristote, c’est-à-dire ordonné selon un plan régulier à la manière d’Hippodamos de Milet pour la commodité du trafic et des activités urbaines autant que pour l’esthétique ; mais dans certains quartiers, les maisons seront disposées en quinconce afin de dérouter d’éventuels envahisseurs. Chez les possédants, l'agitation sociale réveille une vieille hantise particulièrement vivace chez les bourgeois français : la peur de l'ouvrier. L’ensemble du Politique peut ainsi être daté de l'époque du Lycée, soit entre 335 et 323 av. La naissance, la vertu c’est-à-dire le mérite personnel, ou bien la fortune déjà possédée[57] ? À Athènes, Solon a bien distribué les divers niveaux de participation au pouvoir par un heureux mélange des éléments de la constitution : l'Aréopage qui délibère sur les affaires communes est oligarchique ; l’élection des magistrats, réservée aux citoyens les meilleurs, est aristocratique ; l’organisation des tribunaux est démocratique. Lire la suite. Vous êtes ici : Accueil. Aristote intègre aussi dans le droit la notion de lois non écrites (ἄγραφοι νόμοι) inventée par la pensée grecque[A 76] ; ce sont d’une part les lois tirées de la coutume (ἔθη), usages nationaux très anciens qui se perpétuent et assurent la cohésion sociale, et d’autre part la loi naturelle ou universelle, commune à tous les hommes[69]. Lire la suite, Dans le chapitre « Aux sources de la tragédie » Quel est tout d’abord le critère de l’identité de l’État ? C’est pourquoi la perfection de l’homme de bien consiste en la vertu de commandement et la vertu d’obéissance, propre aux hommes libres[A 38], qui consiste à savoir gouverner et être gouverné, et non uniquement à savoir bien délibérer et bien juger (vertu du bon citoyen)[48]. Aristote pense sans doute ici aux vrais philosophes de la, « le tyran doit toujours se montrer d’un zèle exemplaire pour le culte des dieux car les citoyens redoutent moins de subir quelque action illégale de la part de gens de cette espèce, et ils conspirent moins contre lui, se disant qu’il a les dieux même pour alliés (, Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste, Discours sur la première décade de Tite-Live, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, Jean Aubonnet, Notes complémentaires du Livre III, Traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Aristote – Politique (Livres I, III, IV et V), Aristote – Politique (Livres II, VI, VII et VIII), Catalogue des œuvres d'Aristote selon Diogène Laërce, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Politique_(Aristote)&oldid=178947761, Article contenant un appel à traduction en anglais, Article de Wikipédia avec notice d'autorité, Page utilisant le modèle Bases littérature inactif, Page pointant vers des dictionnaires ou encyclopédies généralistes, Portail:Philosophie antique/Articles liés, Portail:Sciences humaines et sociales/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. La mythologie du destin d'Œdipe peut n'être pas pensée comme universelle, mais comme relative à l'éthique et à la politique de la Grèce du v e  siècle. Or, contrairement à ce que certaines études avancent, on peine à trouver chez les Grecs, malgré l’existence de la notion de crise dans la médecine dite hippocratique, un … De même que l’illégitimité entache mais ne supprime pas le caractère du magistrat puisqu’elle n’annule pas son investiture, de même les actes de l’oligarchie et de la tyrannie doivent être considérés comme des actes de l’État[77]. Ainsi, il affirme qu’il n’existe pas une seule espèce de démocratie, ni une seule espèce d’oligarchie, etc., mais des variétés très différentes[25].  : […] C'est à leurs yeux un don des dieux, la société politique par excellence. Accueil À propos de la Grèce Politique et gouvernement . Mais dans la langue grecque, les linguistes rapprochent polis de polus (« nombreux »). Si le régime politique athénien a la particularité d’être une démocratie directe, environ 10 % de la population du territoire d’Athènes fait ainsi partie des citoyens. GRÈCE ANTIQUE (Histoire) - La Grèce antique jusqu'à Constantin. modifier - modifier le code - modifier Wikidata. ESPACE ET ORGANISATION POLITIQUE EN GRÈCE ANCIENNE. ». Elle semble conçue comme modèle pour une nouvelle cité à fonder[53]. Car la majorité des anciens tyrans étaient sortis des rangs des démagogues[A 93]. Aristote cherche donc à savoir qui est citoyen et qui ne l’est pas et va ainsi se demander si les artisans doivent être ou pas des citoyens[A 33]. La politique chez les Grecs, une histoire de familles. François BURDEAU, Car la concordance entre vertus individuelles et vertus sociales est totale. 4  Dans une monarchie, moins les rois ont de domaines où ils sont souverains, plus leur pouvoir dans son intégralité durera nécessairement longtemps. En d’autres termes, morale sociale et morale individuelle sont-elles identiques ? Un premier traité de politique normative auquel Aristote fait allusion[A 1], incluant les livres II, III, et peut-être aussi les livres VII et VIII[1], a été enrichi durant les années de séjour à Athènes ; Aristote a ensuite retravaillé cet ouvrage de portée plus étendue jusqu'à la fin de sa vie[2]. Plusieurs académiciens et juristes sont intervenus. On change de constitution tantôt par la force, tantôt par la ruse[79]. Il montre ensuite la faiblesse de la définition communément admise en Grèce de la citoyenneté par la naissance, pour celui qui est né d’un père et d’une mère citoyens[Note 13], car elle ne « saurait s’appliquer aux premiers habitants ou fondateurs d’une cité »[A 31]. Tous les exégètes ont en effet relevé des disparates de ton et de style, mais aussi des incohérences[Note 3], des lacunes et des développements incomplets[8]. », « regarder les choses évoluer depuis leur origine », « les méthodes des écoles réalistes scandinaves et réaliste-pragmatique américaine, « Ce sens de la forme, capable de maîtriser et d’organiser la multiplicité des faits politiques réels, a empêché sa recherche d’une norme absolue de se rigidifier ; en même temps, sa puissante notion de la, « l’une s’exerce sur des hommes libres par nature, l’autre sur des esclaves ; et le pouvoir du chef de famille est une monarchie alors que l’autorité politique s’exerce sur des hommes libres et égaux », « On ne fait pas une cité à partir d’individus semblables », « la justice est donc une valeur politique ; or c’est l’exercice de la justice qui détermine ce qui est juste, « sans la vertu, l’homme est l’être le plus pervers et le plus féroce, le plus bassement porté vers les plaisirs de l’amour et du ventre, « le “vivre ensemble” dont on nous rebat aujourd'hui les oreilles n’est jamais qu’un piètre objectif, « Les belles actions, voilà ce qu’il faut poser comme fin de la communauté politique, et non la seule vie en commun, « Une cité n’est pas une simple communauté de lieu établie pour empêcher les injustices mutuelles et faciliter les échanges [..] Une cité est la communauté de la vie heureuse, c'est-à-dire dont la fin est une vie parfaite et autarcique (, « la somme des instruments que possède une famille ou une cité », « la vie est action et non pas production, « On a parfaitement raison d’exécrer le prêt à intérêt, parce qu’alors les gains acquis proviennent de la monnaie et non plus de ce pour quoi on l’institua, « elle n’a été faite qu’en vue de l’échange », « n'a pas même pour fin le but qu'elle poursuit, puisque son but est précisément une opulence et un enrichissement indéfinis, « un des premiers essais en économie politique », « saurait s’appliquer aux premiers habitants ou fondateurs d’une cité », « qu’on ne doit pas élever au rang de citoyens tous les individus dont l’État a cependant nécessairement besoin, « on ne peut s’adonner à la pratique de la vertu si l’on mène une vie d’ouvrier ou de manœuvre, « pour d'autres, au contraire, la domination du maître sur l'esclave est contre nature, « Si les navettes tissaient toutes seules, si le, « l'esclavage est utile autant qu'il est juste, « Entre le maître et l’esclave, quand c’est la nature qui les a faits tous les deux, il existe un intérêt commun, une bienveillance réciproque », « vaut mieux proposer à tous les esclaves la liberté comme une récompense, « Pour répartir les charges selon le mérite, les citoyens doivent nécessairement se connaître avec leurs caractères particuliers, puisque là où ce n’est pas le cas, le choix des magistrats et les jugements se font dans de mauvaises conditions, « Ainsi, le territoire doit être divisé en deux parties, l’une doit être le domaine public, l’autre celui des particuliers, « non moins modernes sont les prescriptions d’Aristote relatives à la fonction nutritive. Le citoyen est celui qui peut exercer les fonctions de juge et de magistrat[A 36]. Aristote adopte sur cette question une position nuancée ; il reconnaît la nécessité des esclaves comme instruments non de production mais d'action[49] : « Si les navettes tissaient toutes seules, si le plectre jouait tout seul de la cithare, les entrepreneurs se passeraient d’ouvriers, et les maîtres, d’esclaves[A 41].  : […] La fonction militaire des hoplites est assurée par les citoyens jeunes, celles de conseiller délibérant et de juge sont confiées aux plus âgés. Écrit par Claude MOSSÉ, Nicolas SVORONOS • 11 753 mots • 6 médias Rien ne semblait a priori destiner la péninsule grecque à être le centre d'une des plus brillantes civilisations de l'histoire, de la première surtout qui sut poser les problèmes auxquels l'homme n'a pas encore fini de chercher des réponses. Ce souci de réalisme poussé à l’extrême semble annoncer, de nos jours, « les méthodes des écoles réalistes scandinaves et réaliste-pragmatique américaine[22]. Si bien que la signification originelle pourrait avoir été « foule », « communauté réunie ». Il reconnaît toutefois que, dans certaines circonstances, des individus et des États peuvent se créer un « monopole » (en grec μονοπωλία) et accumuler ainsi des richesses considérables[A 30]. ». Seuls les hommes bons et vertueux ont donc vraiment qualité pour gouverner l’État[82] ; mais allant plus loin que Platon[A 101] qui s’en tenait à la vertu comme unique base de sa cité idéale, Aristote retient aussi comme titres de faveur pour assumer les charges de l’État, la possession des facteurs essentiels que sont la naissance libre, la richesse, la noblesse, et la culture (la παιδεία / paideia)[A 102]. La cité juste engendre l'homme juste ; telle est la démarche de Platon dans La République, révélant ainsi l'intimité des rapports entre éthique et politique dans le monde grec. Le plus célèbre des stratèges athéniens, Périclès 28, a exercé ses pouvoirs de - 444 à - 429 . Elle est capable de vivre en autarcie, c'est-à-dire en auto-suffisance économique, à condition d’assigner des limites à l’accroissement de la population[A 20]. ». Puisque la cité se caractérise par son adhésion commune à une même constitution[78], une constitution se maintient si la partie du peuple qui est en sa faveur est plus forte que celle en sa défaveur[A 92]. En appliquant à la diversité des régimes politiques de cités méditerranéennes la notion grecque de « loi », Aristote mêle les considérations juridiques et politiques ; le grec νόμος signifie à la fois « loi » et « droit ». Si le mot cité vient du latin ( civitas ), la réalité a d'abord été grecque ( polis ). Lire la suite, Dans le chapitre « Une procédure de désignation aristocratique » On veillera soigneusement à bannir de la vue des plus jeunes les peintures et spectacles de comédie indécents[A 62]. Seuls quelques magistrats, une centaine environ, étaient élus : les géné […] Enfin, une fois le régime politique établi dans la cité, c’est à l’ensemble des citoyens, au peuple, qu’appartient la souveraineté, mais au peuple en corps, et non pas individuellement[A 21]. À partir de l'époque archaïque, les caractères dominants de la religion grecque apparaissent : un polythéisme, des dieux (theoi) anthropomorphes munis d'attributs (foudre, trident, arc et flèches, égides, etc. Étienne Ollion est chargé de recherche au CNRS (Sage, université de Strasbourg). Né à Liège le 11 octobre 1935, après une première formation en cette ville, il poursuit ses recherches et fait carrière en France à l’École pratique des hautes études (EPHE), du début des années 1960 jusqu’en 1998, aux côtés […]  : […] Aristote énumère six fonctions publiques indispensables à l’existence de cette cité idéale : vivres, artisanat, armes, finances, affaires religieuses et justice[A 52]. La Grèce connaît deux principaux régimes politiques : l'oligarchie et la démocratie, chacune comprenant d'infinie variante. Cette distinction entre légalité et légitimité de l’État est liée à celle de la permanence de l’État. * Origine de 1'influence de 1'oracle de Delphes. Philosophes, historiens, orateurs de la Grèce classique ont défini, analysé, discuté ce type d'organisation originale qu'est la cité, favorable à l'éclosion d'une réflexion politique qui fut plus idéaliste que positive et toujours dominée par des préoccupations morales. Aristote fait sans ambiguïté du bonheur (πόλιν μακαρίαν) la finalité de l’État bien gouverné, ce bonheur impliquant comme éléments essentiels une synthèse de la beauté morale et du plaisir ; formée pour permettre de vivre, une communauté politique existe pour permettre de vivre bien (εὖ ζῆν), elle est donc constituée en vue du bonheur par la vertu (άρετή) : « Les belles actions, voilà ce qu’il faut poser comme fin de la communauté politique, et non la seule vie en commun[A 18]. Car c’est un grand nombre de citoyens qui exercent les trois pouvoirs, exécutif, délibératif et judiciaire[A 22], au sein des trois organes constitutifs de l’État que sont le conseil, l'assemblée et les tribunaux. Quant à l’économie mercantile, elle est condamnée car elle « n'a pas même pour fin le but qu'elle poursuit, puisque son but est précisément une opulence et un enrichissement indéfinis[A 29] ».