Il obtenait par là que leur solde servait pendant la semaine à nourrir leur famille et qu'il ne restait que l'excédent pour le cabaret du dimanche. Malthus puis Keynes réfuteront avec vigueur "l’optimisme" de Say. En 1803, il publie son œuvre la plus connue, Traité d'économie politique. Rôle moteur de la production dans la création des débouchés, Effets nuisibles de l'interventionnisme sectoriel, Effets positifs d'une bonne utilisation des ressources fiscales, Inutilité de l'action macroéconomique de l’État, Disponibilité infinie et gratuité des ressources naturelles, Édition récente des œuvres complètes de Say, « au lieu de payer ses ouvriers le samedi, il les payait le lundi. La valeur des biens n'est donc plus définie parleur utilité globale mais par la chance qu'a un agent économique dese les procurer. Say défend une pensée économique libérale : il met en avant la propriété privée, la libre-concurrence et un rôle de l'État aussi limité que possible. L’Ecole classique désigne des économistes du 18e et 19e siècle : Adam Smith (1723-1790), Jean-Baptiste Say (1767-1832), David Ricardo (1772-1823), Thomas Malthus(1766-1834) et John Stuart Mill (1806-1873) sont généralement associés à ce courant. Le refus de Say l'empêcha de publier une seconde édition du traité, et il fut révoqué du Tribunat en 1804, après avoir passé quatre années à la tête de la section financière[4]. Cependant, comme Say accorde à la production le rôle moteur, il est rétrospectivement classé parmi les défenseurs de l'économie de l'offre. Dans la tradition de l'école française, il reprend la théorie de la valeur-utilité : « l'utilité [des] choses est le premier fondement de leur valeur »[11]. Des fondements de la valeur de la monnaie Dans la première édition du Traité (1803, t. 1 : 429), Say explique que, quand une marchandise devient monnaie, sa valeur augmente considérablement. Voici la biographie et les théories de cet auteur, considéré comme le principal économiste classique français. Le raisonnement de P. Rossi nous est ici précieux, car il nous permet de replacer l’individuation et le désir au cœur de la théorie de la valeur. Il se situe en fait dans le prolongement direct de l'école d'économie politique libérale française : Gournay, Turgot, François Quesnay ou du Pont de Nemours[10]. On doit à Jean-Baptiste Say la division tripartite qui est restée classique : production, répartition, consommation. Le concept de valeur-travail est une réponse théorique développée par des penseurs qui cherchent à déterm… Il est républicain et ne cessera jamais de l'être. L’intervention de l'Etat est inutile et même néfaste. Jean-Baptiste Say est beaucoup plus libéral que la plupart des économistes classiques. La notion d’utilité marginale parvient par exemple à expliquer pourquoi un diamant est cher. Au cours de ces années 1785-1786, la Grande-Bretagne connaît une de ses périodes de développement industriel les plus brillantes et Say est aux premières loges pour l'observer. Ce qui fait la valeur d’une marchandise, c’est la capacité qu’elle a à satisfaire un besoin : plus … Son activité d'écrivain de théâtre durera jusqu'en 1795, où il écrit un opéra comique, les Deux Perdrix. Say soutient, contre eux, que l’offre et la demande déterminent aussi bien le À sa mort, il était l'économiste français le plus connu[9]. Extrait 1. Le fondement de la valeur d’une chose, c’est son utilité ; le fondement de la valeur de la monnaie, c’est son rôle d’intermédiaire dans les échanges. Elevé selon des principes protestants et libéraux (autrement dit, progressistes), ce fils d’un négociant en soieries lyonnais part en Angleterre pendant deux ans pour y étudier la langue et le commerce. Généralement considéré comme le principal économiste classique français, il est connu pour ses positions libérales. Jean-Baptiste Say est un enfant de la Révolution de 1789. La notion d'utilité cardinale a été formulée par des économistes néo-classiques, qui considèrent que l'utilité est mesurable et peut être exprimée de manière quantitative ou cardinale, c'est-à-dire 1, 2, 3, etc. Jean-Baptiste Say a inspiré les tenants de l'industrialisme en France, avec deux courants : Charles Comte et Charles Dunoyer, fondateurs en 1814 du journal libéral Le Censeur, et Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon[18], dont l'idéologie a engendré après sa mort en 1825 le courant du saint-simonisme[19]. Le courant néo-classique, né à la fin du xix e siècle et aujourd'hui dominant, propose une théorie de la formation des prix résumée dans l'ouvrage fondateur de Gérard Debreu, intitulé justement Théorie de la valeur (1959). Université de Cergy-Pontoise La théorie monétaire de Say découle de sa théorie de la valeur. Il commence par apprendre à manier les machines des métiers à tisser qui se trouvaient dans les murs du conservatoire des arts et métiers et qui avaient été ramenés par les armées de la Révolution pour certaines. Say ne nie pourtant pas la possible création d'excédents de marchandises qui ne trouvent pas preneurs, mais les crises de surproduction ne touchent, pour lui, que certains secteurs et ne sont pas durables. Il adopte une politique patronale assez paternaliste, et se préoccupe de la question sociale. L'objectif du voyage est de se former aux pratiques commerciales et à la langue anglaise. Selon Say, c'est l'offre qui crée le revenu. L'entrée de Jean-Baptiste dans la compagnie d'assurance d'Étienne Clavière marque un tournant dans sa vie. La loi des débouchés formulée par Say vient compléter la théorie de la croissance d’Adam Smith. Pour eux, la valeur d'un bien dépend de son utilité et de sa rareté, ce qui revient à considérer simultanément l'intensité de la demande et l'abondance de l'offre : … Les dispositions prises par Bonaparte lui interdisant toute activité comme journaliste, il devient entrepreneur dans la production de coton. Selon John Stuart Mill, pour qu'une chose possède une valeur d'échange, deux conditions sont nécessaires, l'utilité et la difficulté d'acquisition. ». Il est alors, à 21 ans, un partisan enthousiaste de la Révolution française et s'engage dans la compagnie des Arts de Paris qui sera amalgamée dans la 9e bataillon bis de volontaires de Paris également appelé bataillon de l'Arsenal. Dans la première, l'utilité est une simple condition de la valeur (un objet doit être utile pour être produit et pour avoir une valeur). Jean Baptiste Say, né à Lyon le 5 janvier 1767 et mort à Paris le 14 novembre 1832, est le principal économiste classique français[1]. Il a participé à la fondation de l'Ecole Spéciale de Commerce et d'Industrie (qui allait devenir ESCP Europe par la suite). Paris: Gullaumin. En 1810 toujours, le préfet désigna Jean-Baptiste Say pour participer à un "conseil des fabriques et manufactures". Il distingue marchandises et richesses et souligne que la production est avant tout création de « richesses », donc d'utilité. Dans son Traité d'économie politique (1803), Jean-Baptiste Say formule la loi de Say ou loi des débouchés, selon laquelle toute offre crée sa propre demande. La dernière modification de cette page a été faite le 17 janvier 2021 à 21:49. L'utilité marginale est une loi fondamentale en économie, énoncée et redécouverte lors de la révolution marginaliste initiée presque simultanément par Carl Menger, William Stanley Jevons et Léon Walras.Cette redécouverte est une réponse, en quelque sorte, à l'obstacle rencontré par les économistes classiques : le paradoxe de la valeur. Traité d’Economie Politique ou simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses (6ème éd. Pour Say, il n'y a donc pas de différence entre ce qu'il appelle débouché et production (dans la terminologie moderne : demande et offre). Il fut également journaliste. Il enseigne dans le cours complet d'économie politique (1828-1829)[17] : « Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Il se réfère plus facilement à Swift ou à Franklin qu'à Rome ou Athènes. Investir dans le bitcoin : est-ce vraiment une bonne idée ? L'affaire se développe rapidement et en 1810, accrue de bâtiments nouveaux, la manufacture occupait 400 ouvriers[1] ; on y filait 100 kilos de coton par jour. Grâce à ses nombreux ouvrages d'économie politique, il est invité à donner des conférences à l'Athénée royal en 1816, et fut nommé, en 1819, professeur à la chaire d'économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers[5]. * Mais il s'intéresse plutôt à une analyse en terme de valeur d'échange des biens puisque c'est pour lui le Il écrit dans le Traité d'économie politique (1803)[16] : « De ces besoins, les uns sont satisfaits par l’usage que nous fesons de certaines choses que la nature nous fournit gratuitement, telles que l’air, l’eau, la lumière du soleil. Le nouvel emploi qu’on en fait la rend plus rare et plus chère. L’augmentation du volume de monnaie en circulation supérieure au strict nécessaire pour permettre les échanges de biens et de services ne relance pas l’économie, mais n’engendre que de l’inflation. », « l'utilité [des] choses est le premier fondement de leur valeur », « C’est la production qui ouvre des débouchés aux produits [...] », « ...que les achats qu'on fait à l'étranger soient acquittés en marchandise ou en argent, ils procurent à l'industrie nationale des débouchés pareils », Cours complet d'économie politique pratique, Fréquemment appelé « Saint-Simon », à ne pas confondre avec le mémorialiste de Louis XIV, le, Conservatoire national des arts et métiers, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Traité d'économie politique ou simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se composent les richesses, École des hautes études en sciences sociales, Avant-propos à la biographie de Jean-Baptiste Say, Association pour la liberté économique et le progrès social, Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, Institut de recherches économiques et fiscales, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jean-Baptiste_Say&oldid=178916587, Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 39), Enseignant à l'École supérieure de commerce de Paris, Enseignant au Conservatoire national des arts et métiers, Catégorie Commons avec lien local identique sur Wikidata, Article de Wikipédia avec notice d'autorité, Portail:France au XIXe siècle/Articles liés, Portail:Époque contemporaine/Articles liés, Portail:Politique française/Articles liés, Portail:Biographie/Articles liés/Sciences, Portail:Biographie/Articles liés/Culture et arts, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. Jean-Baptiste Say est également connu (et probablement surtout connu) pour avoir formulé dans son traité d'économie politique (1803) les grandes lignes de ce que John Maynard Keynes appellera la loi des débouchés. Cette théorie de l'utilité escomptée ajoute les notions de satisfaction à l'issu du gain et de déception / peur en cas de perte, les notions de l'envie et du manque en psychanalyse comme éléments clés du choix. Celle-ci s'oppose à l'économie de la demande, qui est celle de Malthus et plus tard de Keynes qui - en introduisant le concept de demande effective - critiquera les principes de Say, dénoncés comme tout à fait irréalistes. En outre, il fut l'un des premiers économistes à étudier l'entrepreneuriat et les entrepreneurs, conceptualisés comme organisateurs et moteurs du tissu économique[2]. Ses premières années d'existence se passent à Lyon, où son père lui fait dispenser une éducation relativement libérale, en particulier avec la volonté de soustraire ses fils à l'influence de l'Église catholique et de son système d'éducation. La fonction d’utilité permet de relier l’utilité issue de la consommation et les quantités de biens achetés. Pour les économistes classiques et marxistes, la valeur d'un bien peut être objectivement déterminée par le travail. Marx reprend la théorie classique de David Ricardo et Adam Smith.. Karl Marx critique l'association de valeur avec la rareté.La théorie de Marx s'intéresse surtout à la notion de plus-value (marxisme).. Marx reprend la théorie classique [2] de la valeur travail afin de montrer les contradictions dans les raisonnements de ces auteurs libéraux. Say, toute offre va générer une consommation, c’est-à-dire qu’elle sera utilisée par un ménage ou une entreprise ou va générer un investissement. Pour le plan son Traité d'économie politique, il a utilisé une division tripartite devenue classique : production, répartition, consommation. C'est la rareté de la chose, couplée au désir ou au besoin qu'en ont les gens, qui donnent la valeur. Les crises de surproduction générales sont impossibles : il ne peut y avoir de déséquilibre global dans les économies de marché et de libre-entreprise. Cette loi implique un équilibre global entre l’offre et la demande. I. Et puisque les consommateurs utilisent intégralement leur revenu, pour créer de la croissance, il faut donc stimuler l'offre. 1) La première thèse présentée est que la valeur de la monnaie chez J.-B. Adam Smith distingue deux notions de valeur : la « valeur en usage » et la « valeur en échange »3. Clavière, un assureur, protestant genevois comme son père, l'embauche comme employé de banque. Le déménagement de la famille à Paris marque un tournant dans sa vie et il commence à 15 ans son apprentissage en travaillant comme commis dans une maison de commerce, du fait des revers de la fortune familiale. La théorie de la valeur travail est abandonnée au profit de lavaleur-utilité. Selon lui, le laisser-faire est toujours et partout la meilleure solution. ». Autrement dit, selon J-B. C'est sans doute, parmi d'autres, la raison pour laquelle Say ira en pension à Écully pour y suivre les cours de deux Italiens dont l'enseignement différait sensiblement des règles lourdes du cadre contrôlé par l'Église. Elle est fondée le 10 floréal an II. Comme elle les DONNE indifféremment à TOUS, personne n’est obligé de les acquérir au prix d’un sacrifice quelconque. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques ». Selon lui, la monnaie "n’est qu’un voile", un instrume… Say dérive la valeur de l'Utilité, et précise que. En 1830, peu de temps avant sa mort, il fut nommé au Collège de France, où il occupa la première chaire d'économie politique[1]. En partie pour cela, il est considéré comme un précurseur de l'école autrichienne d'économie. La théorie de la valeur-travail est au cœur de l’analyse marxiste du capitalisme.Il est donc normal de commencer par elle si l’on veut évaluer l’utilité de l’outil marxiste pour la compréhension du capitalisme contemporain. Jean-Baptiste Say développe également l'idée que la libre fixation des prix et des revenus sur le marché est la condition de la "justice économique". La valeur d'usage est en fait l'utilité sociale de la marchandise (c'est à dire l'utilité ressentie par les individus ( théorie subjective de la valeur). La théorie de l'utilité escomptée complète la théorie des perspectives qui peut se résumer ainsi : les gens prennent des décisions en fonction de la manière dont leur est présenté un choix à faireet pas uniquement en fonction de critères rationnels.