La parole est à M. Patrick Mignola. Vous nous avez invités à vous soumettre des propositions pour enrichir votre plan de déconfinement. Nous assumons le fait que l’école de l’après-11 mai ne sera pas celle d’avant le 17 mars. Surtout, je n’ai pas compris pourquoi vous choisissez – à raison – de demander que les crèches accueillent en priorité les familles monoparentales et les enfants dont les parents sont obligés de travailler, sans étendre cette exigence aux écoles maternelles où, entre nous, les règles de distanciation sociale seront strictement impossibles à appliquer. La première concerne la nécessité de conduire une réflexion sur l’avenir du transport aérien, en particulier des liaisons avec nos outre-mer, ce qui constitue une forte attente de ces territoires. M. le président. Votre président dit que gouverner c’est décider, mais vous vous abstenez ! C’est bien ce dont il est ici question, ainsi que l’ont rappelé la CNIL – Commission nationale de l’informatique et des libertés – ou le Conseil national du numérique dans leurs avis respectifs, à condition de prévoir des garanties suffisantes. Nous devons, d’une part, fournir à tous nos concitoyens des équipements de protection pour réduire la transmission du virus et, d’autre part, identifier systématiquement les cas suspects afin de les tester et, le cas échéant, de les isoler. Nous avons engagé la mobilisation conjointe des laboratoires publics et privés, qui peuvent aujourd’hui monter en charge très rapidement. Au nom des députés du groupe Les Républicains et de l’ensemble de la représentation nationale, je veux rendre hommage au travail, au courage et au dévouement admirables de nos personnels soignants, qui jouent un rôle absolument déterminant pour endiguer l’épidémie et sauver un très grand nombre de vies. M. Damien Abad. Vos propositions sont-elles satisfaisantes à cet égard, monsieur le Premier ministre ? Ce n’est pas simple, mais nous sommes en train d’y parvenir, en la doublant pour commencer, et en atteignant bientôt cinq fois son volume initial. …et attroupements tolérés dans certains quartiers selon des instructions données par votre gouvernement, intransigeance ailleurs : un gouvernement faible avec les forts et fort avec les faibles, voilà ce qu’ont ressenti beaucoup de Français. C’est du blabla ! Il est impossible de faire confiance à un Gouvernement dont nous savons désormais qu’il a caché la vérité et qu’il a menti au sujet des stocks de masques disponibles. C’est exactement cela ! Nous aurions aimé entendre qu’un moratoire de toute hausse d’impôt serait imposé tant à l’État qu’aux collectivités locales et pour une période d’au moins un an ; entendre enfin qu’un abondement spécifique du fonds de solidarité logement viendrait en aide aux familles en difficulté.Pour tout cela, monsieur le Premier ministre, il aurait fallu que vous preniez le temps de nous entendre, mieux encore, de nous écouter. Le ministre de l’éducation nationale le sait bien : même dans les zones rouges où les maires ne pourront pas ou ne voudront pas rouvrir les écoles, il faudra que le travail de terrain mené par les maires, les sous-préfets et les préfets permette de trouver des solutions en fonction des situations sociales particulières des familles. Des vies ont disparu, d’autres, innombrables, sont encore menacées, d’autres encore seront bouleversées. Vous avez choisi les responsabilités partagées : nous approuvons l’approche territorialisée que vous prônez pour mettre en œuvre votre plan. Si ce n’est pas le cas, je suis très clair, nous en tirerons les conséquences.J’ai reçu hier du directeur général de la santé des modélisations moins favorables, qui pourraient être dues au relâchement des comportements, à une baisse insuffisante du nombre d’hospitalisations ou à l’inexactitude des hypothèses sur lesquelles les modélisateurs se fondent.Je le dis avec solennité devant la représentation nationale : ces incertitudes doivent inciter tous les Français à la plus grande discipline d’ici le 11 mai et à la lutte contre les risques de relâchement que nous sentons parfois monter dans le pays.Si tout est prêt le 11 mai, comme nous le pensons, commencera alors une phase qui durera jusqu’au 2 juin et au cours de laquelle nous vérifierons que les mesures prises permettent de maîtriser l’épidémie. Pour ma part, je considère qu’il est préférable, dans le cadre d’une crise sanitaire, d’écouter les épidémiologistes lorsqu’ils avancent qu’un tel outil peut être utile et qu’il est possible de le concevoir dans le respect de nos valeurs. Menu. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.). Nous voulons concilier ce retour avec nos objectifs de santé publique.Ainsi, nous proposons une réouverture très progressive des maternelles et de l’école élémentaire à partir du 11 mai, partout dans le territoire et sur la base du volontariat. Il est regrettable que vous ne nous ayez pas laissé le temps d’y réfléchir, d’échanger et d’en débattre entre nous aujourd’hui. Il est essentiel que la réouverture des magasins s’accompagne de la mise à la disposition des commerçants et de leurs employés d’un arsenal de moyens afin d’assurer leur sécurité, ainsi que celle de leurs clients. Ils disent également que des porteurs du virus en proportion non négligeable ne présentent aucun symptôme et ne savent pas qu’ils peuvent le transmettre. L’accroissement de l’offre de transports publics fait naturellement partie intégrante du plan de déconfinement. Encore une fois, c’est aux équipes locales qu’il reviendra de constituer ces brigades, mais il est certain qu’elles ne seront pas uniquement composées de médecins. Nous avons déjà présenté des mesures de soutien qu’il a eu l’amabilité de citer, et d’autres qu’il n’a pas évoquées, comme le plan de soutien en faveur des restaurants, cafés et hôtels dont la situation est spécifique car, n’ayant pas le droit d’exercer leur activité, ils sont fermés. Mais elle exige, pour être appliquée de façon systématique partout en France, des moyens considérables. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.). Les courbes d’audience y gagnent ce que la convivialité des bistrots y perd, mais cela ne grandit pas, je le crains, le débat public. Au bout du compte, l’Allemagne, qui n’a pas connu cette pénurie et qui a su anticiper, s’équiper et tester, compte cinq fois moins de morts que la France. Ils auront aussi connu le dévouement sans limite des professionnels de santé, dont l’engagement est un sujet de fierté nationale. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Celle-ci menace d’abord les plus fragiles du point de vue économique : les chômeurs, les allocataires sociaux, les intérimaires, les titulaires de contrats à durée déterminée, les indépendants. ), M. Patrick Mignola. Construire la France d’après ne consiste pas à continuer à distribuer des chèques sans contrepartie aux grandes entreprises, comme vous venez de le faire pour Air France. Pour cela, nous devons tout faire en vue de limiter les inégalités sociales, territoriales ou numériques. Tel est le chantier que vous venez d’ouvrir : construire la confiance ensemble. Ceux-ci ont toujours existé, mais la course effrénée de l’existence et la croyance à un progrès éternel nous privaient trop souvent de les exprimer avec toute leur force. Depuis le 8 avril, le nombre de cas en réanimation diminue : il dépassait 7 100 ; il est désormais de 4 600. Il s’agit non seulement de ne pas appliquer le même schéma dans des endroits où la situation n’est objectivement pas la même, mais aussi de laisser aux autorités locales, notamment aux maires et aux préfets, la possibilité d’adapter la stratégie nationale en fonction des circonstances.C’est d’ailleurs pour cela que le Président de la République et moi-même avons décidé de dire rapidement quelle était notre stratégie nationale, afin que ceux qui vont participer à sa mise en œuvre puissent prendre au plus tôt leurs dispositions. La seconde porte sur l’Île-de-France : les règles relatives au port du masque et à la distanciation sociale, madame la ministre de la transition écologique et des transports, devront y être élaborées au plus près du terrain si nous voulons que l’organisation des plans de transports permette aux Franciliennes et aux Franciliens de reprendre le travail dans de bonnes conditions. Ce débat est récurrent dans l’histoire politique française et je suis certain qu’il traversera nos futures discussions.Nous sommes sur une ligne de crête. ... Programmes: Politique, Journaux, Radios, Infos en ligne, Chaînes de TV, Blogs, Les institutions. En 2018 et 2019, vous n’avez pas suivi les rapports qui exigeaient le renouvellement des stocks stratégiques de masques, alors tombés au plus bas depuis le départ de Nicolas Sarkozy, qui en avait laissé 1,4 milliard : on en comptait à peine 100 millions en janvier 2020.Le 24 janvier, Agnès Buzyn déclarait que le risque d’importation du coronavirus depuis la Chine était quasi-nul, ouvrant une longue période de près d’un mois d’inertie avant que les premiers cas n’apparaissent en Italie. Il faut un calendrier de réouverture ! Je pense notamment à nos formidables personnels de santé, auxquels je veux dire notre infinie reconnaissance.Dans ce contexte, monsieur le Premier ministre, vous sollicitez aujourd’hui notre confiance. Vous dites vous-même avec raison, monsieur le Premier ministre, qu’il faudra en faire porter dans les transports en commun, mais il ne sert à rien de répéter aux gens qu’il ne faut pas prendre le métro pour le plaisir, car ils sont fort rares ceux qui sont dans ce cas ! Chaque décision prise doit être pensée à la fois pour résoudre l’urgence, réparer le présent et préparer l’avenir : c’est essentiel si nous voulons recréer la confiance perdue, prendre des mesures efficaces et tirer les enseignements de la période actuelle. Bienvenue sur le portail vidéo de l'Assemblée nationale Il est momentanément impossible d'accéder à la vidéo à la demande et à la fonction recherche en raison d'un trop grand afflux de requêtes. (Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.). Les Français ne comprennent pas non plus d’ailleurs…, M. Damien Abad. M. François-Michel Lambert. M. Patrick Hetzel. Les collectivités territoriales auront un rôle à jouer afin d’adapter l’offre de transport, y compris scolaire, aux besoins exprimés et à la situation sanitaire observée dans chaque territoire.Des plans de mobilité interentreprises pourront aussi être mis en œuvre par le secteur économique et les collectivités en vue de penser différemment le trajet entre le domicile et le lieu de travail et de proposer une offre de transport complète et sécurisée ; c’est par exemple le cas dans la métropole lyonnaise.La réussite du déconfinement reposera enfin sur le couple formé par le préfet et le maire. Elles ont été soutenues par de nombreuses mesures dont le seul objectif était de leur permettre de maintenir la tête hors de l’eau. J’en ai la démonstration tous les jours dans mon département de Seine-Saint-Denis où la méthode qui prévaut est celle des efforts conjoints et de la recherche du consensus. Vous avez parfaitement raison, il en reste un nombre considérable ; j’en suis parfaitement conscient. En effet, malgré la crise sanitaire exceptionnelle à laquelle nous sommes confrontés, il est important que chaque élève puisse poursuivre sa scolarité dans les meilleures conditions possible. M. Philippe Gosselin. Très bien, il a raison ! À chaque moment, chaque Français sera pendant encore plusieurs mois obligé de se demander comment protéger et protéger ses proches.Il peut paraître bizarre de commencer ainsi une explication de vote mais il s’agit de ce que sont en train de vivre, non seulement notre peuple, mais tous les êtres humains. J’évoquais tout à l’heure l’appui des personnes de l’assurance maladie ; on pourra sans doute, dans ces brigades, accueillir du personnel des CCAS, des mairies, des départements, ou du personnel mis à disposition par des associations comme la Croix-Rouge. Nous avions conçu un système permettant de réguler, dans les parcs où cela est possible, le nombre d’entrants. Voilà ce que j’appelle des injonctions odieuses. Les Français ont permis le succès du confinement ; ils attendent désormais de vous que vous soyez au rendez-vous du déconfinement. Rassurera-t-il les parents qui hésitent à confier leurs enfants à l’école à compter du 11 mai ? En complément, certains outils numériques facilitant le contact tracing peuvent se révéler très précieux pour renforcer l’efficacité de ce dispositif. J’invite donc les représentants des groupes à voter à main levée.Compte tenu des positions de vote qui ont été transmises au service de la séance, voici le résultat du scrutin sur la déclaration du Gouvernement :        Nombre de votants                        571        Nombre de suffrages exprimés                468        Majorité absolue des suffrages exprimés                        235                Pour l’approbation                368                Contre                100L’Assemblée nationale a approuvé la déclaration du Gouvernement relative à la stratégie nationale du plan de déconfinement dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. (M. Denis Masséglia applaudit.) Quant au covoiturage, cet immense système qui constitue également une forme de solidarité, il faudra le réorganiser, en particulier dans les départements franciliens hors Paris.On le voit, seules la territorialisation et l’action de terrain sont adaptées pour réussir le déconfinement. Pour construire la France d’après, il faudrait déjà contraindre les entreprises qui chipotent et rechignent à verser la prime promise aux salariés de la seconde ligne. Progressivement, intelligemment, prudemment mais redémarrer. Par mesure de précaution, les plages resteront inaccessibles au public, au moins jusqu’au 1er juin.S’agissant des activités culturelles, parce qu’ils peuvent fonctionner plus facilement en respectant les règles sanitaires, les médiathèques, les bibliothèques et les petits musées, si importants pour la vie culturelle de nos territoires, pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai. Pendant une crise sanitaire, c’est la mobilisation populaire qui est la clé. 1. Dans ce domaine, le plan manque de souffle et de conviction.