Pour Grant, Fantasia est une expérience courageuse et malgré certaines gaucheries[207], les qualités du film sont de loin plus importantes[24]. Pour Grant, c'est l'animation de Chernabog qui donne à la séquence sa qualité de chef-d'œuvre, principalement avec son apparition au sommet de la montagne[119]. Connu comme étant l’un des projets les plus chers aux yeux de Walt Disney, Fantasia se dévoile en 7 secrets à l’occasion de l’anniversaire de Mickey Mouse. Chernabog referme alors ses ailes comme pour s'endormir. En 1938, après ses succès avec Mickey Mouse et Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), Walt Disney était « devenu l'un des favoris des jeunes générations »[18]. Les esquisses préparatoires ont été réalisées au pastel par l'illustrateur danois Kay Nielsen engagé par Disney grâce à l'animateur Joe Grant[71],[116]. Je ne pourrai jamais refaire un autre Fantasia. Richard Capell, dans Musical Opinion considère que « Fantasia sera mort avant la mode féminine des chapeaux de cet été »[167]. Le temps est clair et de derrière une colline, les rayons du soleil apparaissent. Cela a aussi permis aux spectateurs, manquant de connaissances ou de suffisamment de recul, de ne pas se contenter des seules interprétations et jugements des critiques[138]. De nombreux éléments des séquences animées, bien que sans parole, ont été nommés par les animateurs et sont listés par John Grant. Utilisant le scénario du poème Der Zauberlehrling écrit en 1797 par Goethe et la musique de L'Apprenti sorcier (1897) de Paul Dukas, illustrant le poème. La plus connue des « séquences envisagées » est Clair de lune qui en raison de la longueur de Fantasia avec sept séquences, ne fut pas incluse[33],[45]. Albert Hurter réalisa les études préparatoires pour les centaures et centaurettes, s'inspirant par exemple de Franz von Stuck[107]. La séquence est pour Allan un répertoire d'images inspirées de l'art européen, grâce à l'influence discrète du suisse Albert Hurter[100],[101]. Le balai est réapparu dans le Grand Classique Fantasia 2000 (2000), jouant le même rôle que dans Fantasia. Grande musique, émotion et sublimes images sont au programme des deux FANTASIA. Description du produit. Après un sourire du monstre, tel un sort, cinq esprits d'animaux monstrueux apparaissent dans une fumée noire. Leonard Maltin évoque dans son livre sur les longs métrages d'animation de Disney, les critiques qualifiant l'œuvre de sacrilège[78], indiquant que les moins enthousiastes sont les critiques musicaux car selon eux « presque chaque œuvre [utilisée] aurait été adaptée d'une façon ou d'une autre selon les besoins de l'animation »[36]. Contrairement à l’échec initial du premier Fantasia, son successeur moderne est non seulement un succès immédiat mais une validation tardive du premier opus. Pour Allan, ces deux forces naturelles, le soleil et l'eau, ainsi que la représentation cyclique, sont caractéristiques des sociétés vivant dans des pays au climat variable, à l'instar de l'Europe[196]. Jerry Beck précise que la musique à elle seule a coûté 400 000 USD[61]. Le projet a donné le jour au parterre à l'entrée du parc Parc Disneyland, ouvert en 1992. La Commission Hays a ainsi imposé le port de soutiens-gorge floraux pour les centaures femelles[111],[113], afin que les scènes soient moins impudiques. David Koenig donne les raisons suivantes pour l'absence de succès tout en déclarant « que Fantasia est lassant »[212] : Jerry Beck écrit que le film Fantasia est « une étape dans l'histoire de l'animation, une tentative ambitieuse de fusionner la musique classique, l'animation et les techniques de pointe dans ce que Walt Disney espérait représenter une nouvelle forme de loisir »[213]. Il est impossible d'affirmer que Fantasia est une œuvre « synesthésique », mais le film est incontestablement le fruit des envies de l’époque d’explorer les liens entre la musique et la couleur, et présente de nombreux éléments caractéristiques de cette condition qui fascine les artistes de l'époque depuis plusieurs décennies. Le premier mouvement présente les licornes, les satyres et la famille de pégases[88], c'est une invitation au monde mythologique[110]. C’est ainsi que nait une amitié et collaboration fructueuse entre les deux individus. Allan donne lui le 31 octobre 1939 comme date de fin de contrat[56]. Si cette rencontre inattendue mène Disney vers de nouveaux terrains inexplorés, c’est également Stokowski qui proposera le titre Fantasia, inspiré du nom de la forme musicale, libre, sans contrainte ni règle, en quête de forme. Au travers des histoires racontées par les séquences, les animateurs ont pris le parti d'évoquer par exemple les arts dans certaines, en usant de la musique comme support, tandis que dans d'autres la vocation est plus didactique. Maltin et Telotte annoncent que le premier point objecté par les critiques est l'idée, le concept même de Fantasia : la visualisation de la musique ; cet art n'étant pour beaucoup pas prévu pour être visualisé et qu'en « faisant ainsi, (Disney) retire l'une des qualités intrinsèques de la musique, celle de laisser l'auditeur créer son propre concept de pensées »[36],[174]. Le chef d'orchestre Stokowski s'est beaucoup investi dans le film, et pour Leonard Maltin sa présence a sans aucun doute convaincu Disney de développer un système de rendu sonore de meilleure qualité que les systèmes d'alors[78]. Tandis qu'il explique au public qu'il existe trois genres de musiques, certains instruments sont éclairés, et leur sonorité mise en avant. Cf. En raison de son découpage en séquences et de la variété des œuvres musicales, l'animation dans Fantasia possède plusieurs facettes, fonctions et usages, sous-tendus par les interprétations, les « visualisations » données les animateurs aux dites œuvres. La dernière modification de cette page a été faite le 17 janvier 2021 à 15:27. Ce court métrage compose avec l'un des souhaits de Walt Disney, celui de réconcilier la jeune génération avec la musique classique, public qui « n'avait pas d'avis sur le sacrilège potentiel d'imager les pièces de musique »[18]. L'année suivante, Oskar Fischinger, réalise Studie Nr. Les principaux reproches concernaient les libertés prises par Stokowski autour de l'interprétation musicale », et il conclut ainsi « Fantasia figure aujourd'hui parmi les classiques du cinéma mondial »[71]. L'une des premières comédies musicales que je me rappelle avoir été le film d'animation de Fantasia par Disney. Walt ajoute aussi dans ce mémo qu'il « a pris les devants » et a déjà « lancé une équipe sur le scénario », « avant de poursuivre sur Bambi »[21]. Le principe des séquences a été réutilisé pour d'autres films, principalement dans les années 1940 afin de compenser les faibles revenus de Pinocchio et Fantasia en raison de la Seconde Guerre mondiale. L'ensemble des enregistrements représente 420 000 pieds (128 016 m) de bandes qui a été mixé et arrangé afin de tenir sur les 18 000 pieds (5 486,4 m) de la bande finale du film[78]. Mais Fantasia comporte également de nombreuses scènes abstraites, des courts-métrages avec de simples formes et couleurs géométriques animées au rythme et timbre des œuvres qu’elles illustrent. Il décrit Fantasia comme « un répertoire composite foisonnant d'images tirées de l'art occidental »[101]. En février 1942, le film a été peint et encré pour ensuite être filmé en Technicolor mais il n'a pas été diffusé. Ernest Lindgren écrit que « Le traitement de la pastorale par Disney fut si destructeur pour mon sentiment de la musique que, longtemps, je craignais de ne pouvoir effacer de mon esprit les images de Disney et que la joie que j'éprouvais fut pour toujours compromise »[214]. Mickey Mouse, après avoir emprunté le chapeau magique du sorcier Yensid, doit se battre contre des balais qu'il a lui-même ensorcelés pour qu'ils portent des seaux d'eau à sa place. Roman Jasinski a été utilisé comme modèle pour les éléphants[73]. La chaîne de cinéma National General Theaters a même lancé une campagne de publicité vantant Fantasia comme un second Easy Rider (1969)[155]. Vogue revient sur les secrets de ce long-métrage dédié à la musique classique, 80 ans après sa sortie. Lilo et Stitch 2 : Hawaï, nous avons un problème! Robin Allan et Bruno Girveau décèlent pour cette séquence des inspirations des revues scientifiques et le début du cinéma avec par exemple Georges Méliès, Winsor McCay et son Gertie le dinosaure ou les films fantastiques de Willis O'Brien tel Le Monde perdu (1925)[95],[96]. L'expressionnisme allemand est présent dans l'Apprenti Sorcier et Une Nuit sur le Mont Chauve. Stokowski partage une envie similaire, celle de créer un long-métrage animé accompagné de musique classique. Chez Disney, l'Apprenti est apparu pour la première fois en 1940 dans un court-métrage composant les films Fantasia et Fantasia 2000. On reconnait toutefois dans l'animation les formes d'archer de violons ou de pendule de métronomes, des vagues, des tubes d'orgues[59], des arches gothiques ou des faisceaux de projecteurs éclairant le ciel comme à Hollywood[60] les soirs de premières. En 1990, le film a été restauré d'après les négatifs originaux du film, supprimant les arrangements de Kostal, pour fêter le cinquantième anniversaire du film, comprenant une édition vidéo[8],[158]. En 1937, Walt Disney fait une rencontre majeure. Jusqu'en 1992, les tentatives de recréer la version originale de Clair de Lune ont échoué en raison de l'absence des animations coupées pour Blue Bayou et des sections avec Stokowski. En 1989, le feu d'artifice Sorcery in the Sky du Disney-MGM Studios utilise la séquence du rêve de puissance de Mickey Mouse dans L'Apprenti sorcier[220]. En 1946, il a malgré tout été entièrement retravaillé, coupé et réenregistré, pour devenir la séquence Blue Bayou de La Boîte à musique (1946)[161],[162], diffusé « incognito » d'après Maltin[36]. Le projet de film musical évolutif n'a pas fonctionné au début mais les projets entamés ont été utilisés pour les productions suivantes à l'instar de Clair de lune et Pierre et le Loup toutes deux utilisées comme séquence dans La Boîte à musique (1946) ou le Vol du bourdon utilisé pour Bumble Boogie dans Mélodie Cocktail (1948)[8]. Selon Allan, cette dominance masculine s'exprime aussi par des nombreuses images comme celles des pics, montagnes, arbres, ou du podium tous érigés ou le chapeau phallique de Mickey[1]. Si le premier long métrage a été mené à terme, l'idée de l'évolution a en revanche été abandonnée. Cette séquence fut inspiré par le travail de l'artiste abstrait allemand Oskar Fi… Un projet aux ambitions démesurées pour son époque qui assure à Fantasia non seulement sa place dans l’histoire du cinéma mais aussi son échec dès sa sortie. Alors que la symphonie de Beethoven est une balade campagnarde dans le sens noble du terme, les animateurs de Disney en ont fait une journée dans le domaine des dieux grecs au pied du mont Olympe. Scénarisé par Joe Grantand et Dick Huemer, et réalisé par Ben Sharpsteen, il est composé comme une série de sept séquences illustrant huit morceaux de musique classique célèbres joués pour la plupart par l'orchestre de Philadelphie sous la direction de Leopold Stokowski. Les deux artistes multiplient les idées et décident finalement de ne pas se limiter à un court-métrage avec Mickey Mouse et Dukas, mais de créer une véritable œuvre cinématographique en illustrant huit pièces de musique classique à travers plusieurs scènes animées. Plusieurs séquences sont alors envisagées ou mises en chantier, pour le film ou ses éventuelles suites. Walt Disney se souvient même d'en avoir vu une démonstration en 1928, ce qui semble probable car Wilfred présenta son invention en 1925 à Paris lors de l'Exposition Art Déco ainsi qu'une tournée aux États-Unis qui passa par Los Angeles à la Neighborhood Playhouse[172].