Delecluze considérait qu'il n'y avait pas chez David un style unique, mais une évolution qui s'observait à travers quatre périodes stylistiques représentées par le Serment des Horaces (1784), la Mort de Marat (1793), les Sabines (1799) et le Sacre de Napoléon (1808)[160]. De même, celui-ci refuse un portrait impérial destiné à la ville de Gênes qu'il juge : « ... si mauvais, tellement rempli de défauts, que je ne l'accepte point et ne veux l'envoyer dans aucune ville surtout en Italie où ce serait donner une bien mauvaise idée de notre école[115]. En 1774, il gagne finalement le premier prix de Rome, qui lui permet de séjourner pendant quatre ans au palais Mancini, alors résidence de l’Académie de France à Rome[n 2]. Si ses anciens élèves Antoine-Jean Gros, François Gérard et Girodet, se rallient à la monarchie, David, pressentant des représailles dues à son passé révolutionnaire et son soutien à Napoléon, décide, après Waterloo, de mettre en sûreté ses tableaux des Sabines, du Sacre, de la Distribution des Aigles et Léonidas, et de se réfugier en Suisse ; il revient en France en août 1815. L'école est fondée en 1780 à son retour de Rome ; les premiers élèves furent entre autres Jean-Baptiste Wicar, Jean-Germain Drouais, Girodet-Trioson. À Rome il doit d'abord s'astreindre à faire des copies d'après l'antique, selon les directives de son maître Vien. C'est donc à la source qu il faut remonter, et c'est ce que je tente de faire en ce moment[209]. Carle Vernet lui imputa la responsabilité de l'exécution de sa sœur Marguerite Émilie Vernet qui avait épousé l'architecte Chalgrin[82]. Formé à l'Académie royale de peinture et de sculpture, il devient en 1784 un peintre renommé avec le Serment des Horaces. Il s'occupe aussi des funérailles en organisant le 16 juillet une cérémonie quasi religieuse dans l'église des Cordeliers, précédée par un cortège funèbre[75]. Il prend conscience de cette influence par l'intermédiaire de son condisciple et rival, Peyron : « C'est Peyron qui m'a ouvert les yeux »[182]. En 1989 lors du colloque David contre David Albert Boime a pu attester sur la base d'un document daté de 1787 de l’appartenance du peintre à la loge maçonnique de la Modération comme membre affilié[139]. Sous l'influence des illustrations de l'Iliade et l'Odyssée par John Flaxman il trace ses figures de manière plus linéaires, plus idéalisées. Le chimiste Antoine Lavoisier, qui est aussi fermier général et occupe à l’époque la fonction d’administrateur de la régie des Poudres et salpêtres, a provoqué en août 1789 une émeute à l’arsenal de Paris pour y avoir entreposé de la poudre à canon. Exposée au Salon de 1787, l’œuvre se trouve en concurrence avec la version que Peyron présente de la même scène, et qui était commandée par les Bâtiments du Roi. En revendiquant le retour vers le « grec pur »[96], David fait évoluer son style par le choix considéré à l'époque comme audacieux de représenter les héros principaux nus, ce qu'il justifie par une notice qui accompagne l'exposition de l'œuvre Notes sur la nudité de mes héros[97]. La même année, l'Institut organise le concours des Prix décennaux, qui distinguait les œuvres considérées comme marquantes pour la décennie 1800-1810. De fait, en choisissant sciemment le même sujet, David se confronte à nouveau avec son ancien rival du prix de Rome de 1773 et prend sa revanche par le succès qu’il rencontre lors de son exposition[48],[49]. Il peint des sujets contemporains et des portraits intimistes. Ses peintures avaient généralement un caractère politique. Ce projet inspiré à David par Dubois-Crancé et Barère, est la plus ambitieuse réalisation du peintre. Il est fou, ou je n'entends plus rien à l'art de la peinture. Dans la Mort de Marat David mélange l'idéal et le réalisme, avec une économie de moyens qui confine au dépouillement. En 1791, il reçoit la commande de l'Assemblée Constituante pour réaliser le tableau Le Serment du Jeu de paume. Mais pour Nanteuil le style pâtit d'une exécution en deux temps, commencé en 1799, il ne fut achevé qu'en 1814, ce qui se ressent dans la composition, l'ordonnance et les mouvements des personnages[212]. Le biographe Miette de Villars suggère que l’influence de l’amateur d’Antiquité Antoine Quatremère de Quincy, adepte des idées de Winckelmann et Lessing, dont David, selon lui, fait la connaissance à Naples, n’y fut pas étrangère[26],[27],[28], mais aucune source contemporaine ne confirme une rencontre entre les deux hommes à cette époque[29]. Faure compare sa précision, son souci du détail à l'art du conteur « ... par quelque figure fleurie de chantre, par quelque ventre obèse de chanoine, qu'il faut chercher patiemment dans le coin le moins visible de telle toile solennelle, mais que trouverait La Fontaine et que Courbet n'a pas manqué de voir[145]. Plusieurs élèves de David furent ses assistants. La facture est lisse, alors que la technique picturale du XVIIIe siècle français favorisait la touche en pleine pâte[188]. ». L'influence de David s'évalue par le nombre d'élèves qu'il reçut dans son atelier : de 1780 à 1821, sont sortis entre 280 et 470 élèves, voire plus selon Verbraeken, sans préciser le nombre. Il peint en 1788 Les Amours de Pâris et d’Hélène (1788, musée du Louvre) pour le comte d’Artois, futur Charles X, qu’il avait commencé deux ans auparavant. Jean Bardin compte parmi les autres professeurs de l’académie qui lui enseignent les principes de la composition, de l’anatomie et de la perspective, et il a comme condisciples Jean-Baptiste Regnault, François-André Vincent et François-Guillaume Ménageot. Depuis 1781, David pensait faire, pour répondre à la commande des Bâtiments du Roi, une grande peinture d'histoire inspirée du thème du combat des Horaces et des Curiaces et indirectement de la pièce de Pierre Corneille, Horace. Dans le Serment des Horaces, il repeint vingt fois le pied gauche d'Horace[240]. ». Elle est aussi, du côté maternel, cousine issue de germain du peintre François Boucher[4]. En plein essor du mouvement réaliste il écrit : « Tous ces détails sont historiques et réels comme un roman de Balzac; le drame est là vivant dans toute sa lamentable horreur, et par un tour de force étrange qui fait de cette peinture le chef-d'œuvre de David et une grande curiosité de l'art moderne, elle n'a rien de trivial ni d'ignoble[203]. Pour en savoir plus sur Jacques-Louis David, parcourez ses œuvres dans les galeries, ses lots mis aux enchères, son actualité et bien plus encore. Il arrive que l’erreur soit propagée par des experts qui se sont laissé abuser, ce qui fut le cas pour le portrait du conventionnel Milhaud dont l'attribution était soutenue par la présence d'une dédicace Au conventionnel Milhaud, son collègue, David-1793 qui s'est avérée être fausse : en 1945 Gaston Brière révéla à partir d'une réplique en miniature qu’il avait été peint par Jean-François Garneray, un de ses élèves[229]. Les observateurs de l'époque, artistes et critiques contemporains, s'entendent à constater que David s'est amélioré dans le traitement des coloris, en abandonnant les tons noirs du caravagisme qui caractérisait son Andromaque[189]. Fabre, Wicar, Girodet, Drouais, Debret sont parmi les premiers élèves de David. Ce sentimentalisme est tempéré par une composition géométrique d'une rigueur toute poussinienne[185]. Une assurance dans le dessin et les lignes. ». Malgré son ancienneté et certaines imprécisions, cet ouvrage est encore considéré comme une référence[254]. Il met son talent à la disposition des révolutionnaires et participe ainsi à la diffusion des idées nouvelles. Conçu dès 1800, le sujet du tableau prend une signification particulière en 1814, année de la première abdication de Napoléon après la campagne de France[121]. Comparer deux œuvres autour du thème de la Nativité ... Jacques-Louis David 1748-1825, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1989, p. 280-281 (Antoine Schnapper). En 1773, c’est encore un échec avec La Mort de Sénèque, sujet inspiré de Tacite ; le lauréat fut Pierre Peyron, dont le style antique était récompensé pour sa nouveauté, la composition de David étant jugée trop théâtrale[17]. Saint Roch intercédant la Vierge pour la guérison des pestiférés est un tableau peint par Jacques-Louis David en 1780 pour la chapelle du Lazaret de Marseille. David s'éloigne de ses peintures néo-classiques et s'inspire des grands tableaux de cour comme ceux de Rubens, mais peut être aussi de Raphaël et son Couronnement de Charlemagne du Vatican[219]. Après cet échec, qu’il vécut comme une injustice, il résout de se laisser mourir de faim, mais après deux jours, l’un des jurés, Gabriel-François Doyen, le convainc d’abandonner sa tentative de suicide[16]. Peinture d'histoire appartenant au courant néoclassique, elle marque une évolution dans le style de David après la Révolution, qualifié par lui-même de « grec pur ». Il prend l’initiative d’exposer sa toile à Rome, avant la présentation officielle au Salon, où elle connaît un grand retentissement dans le milieu des artistes et des archéologues. Retrouvez les œuvres d’art en vente et toutes les informations sur Jacques-Louis David (français, 1748-1825). David doit en partie le lancement de sa carrière à l'importante dot que son beau-père procura à sa fille Charlotte pour son mariage, qui lui permit d'installer son atelier au Louvre, et d'organiser l'exposition des Horaces à Rome. Femme dans une Turban de Jacques Louis David (1748-1800, France) | Reproductions De Peintures Jacques Louis David | WahooArt.com Mais c’est trois ans plus tard qu’il mène à bien ce projet en choisissant un épisode absent de la pièce, Le Serment des Horaces (1785, musée du Louvre), qu’il reprend peut-être de l’Histoire romaine de Charles Rollin[39], ou s’inspire d’une toile du peintre britannique Gavin Hamilton Le Serment de Brutus[40]. Peintre de la passion rationaliste, il fut l'excellence dans la reproduction fidèle et objective des choses, mais échoua à y insuffler le germe fécond de la vie. Le premier volume est constitué de documents rares et inédits à l'époque (extrait de lettres et articles) le second volume est un recueil de reproductions gravées des œuvres de David par l'auteur, Exposition du J. P. Getty Museum, fevrier-avril 2005 et du Sterling and Francine Clark Art Institute avril-septembre 2005, Le héros du roman, le peintre Évariste Gamelin est un élève de David, La vie de David vue à travers le regard de son épouse Charlotte, La seconde partie du roman se déroule dans l'atelier de David. L’année 1788 fut troublée par la mort précoce de son élève favori Jean-Germain Drouais, des suites de la petite vérole. Si on a longtemps cru qu'il acquiert une charge de « commis aux aydes » (équivalent de receveur fiscal) à Beaumont-en-Auge dans la Généralité de Rouen (actuellement dans le département du Calvados) pour s'élever socialement[2], les recherches récentes montrent qu'il n'en est rien : Louis-Maurice subit en fait une faillite et dès lors exerce un petit emploi salarié, en s'éloignant de Paris, comme nombre de marchands-merciers faillis[3]. En faisant les Horaces et le Brutus j'étais encore sous l'influence romaine. Sa désobéissance aux instructions officielles lui vaut une réputation d’artiste rebelle et indépendant[41]. J'ai été le maître de Ingres, c'est à lui de m'enseigner[248]. Mais cette maturation stylistique se fera en plusieurs étapes, avant d'aboutir à la manière qui caractérise les derniers tableaux de la période romaine. Ils sont bâtis comme des monuments et cependant leur surface remue. Membre de l'Académie royale, il combat cette institution sous la Révolution et entame en parallèle à sa carrière artistique une activité politique en devenant député à la Convention et organisateur des fêtes révolutionnaires. Elle est constituée principalement de tableaux d'histoire et de portraits. « ...une confusion permanente entre la vérité qu'il rencontra et la vie qu'il croyait atteindre[149]. Dans d’autres cas, la controverse s’est réglée au tribunal : le jugement concernant l’attribution du Marat assassiné du château de Versailles, réplique non signée, que des experts et artistes renommés soutenaient être authentique, fut prononcé en première instance contre la plaignante, veuve de Jacques-Louis Jules David, qui possédait pourtant l’original[226]. Il réitère cette formule dans le portrait de Madame Récamier (qu'il abandonne dans un état inachevé), dont il traduit ce que Nanteuil désigne comme « l'esprit de simplicité qui l'attirait vers l'art grec »[214]. Hormis Caravage, la posture de Marat rappelle la pietà de Baccio Bandinelli que David a pu voir à la basilique Santissima Annunziata de Florence, et aussi à un modèle antique, un bas-relief dit le lit de Polyclète[202]. Cette nouvelle façon de représenter ses figures fut expliquée par David dans une notice qui accompagnait l'exposition du tableau : De la nudité de mes héros. Le 17 juillet 1791, David fait partie des signataires de la pétition demandant la déchéance de Louis XVI, réunis au Champ de Mars juste avant la fusillade ; il fait à cette occasion la connaissance du futur ministre de l'Intérieur, Roland[67]. À l’annonce de cette nouvelle, le peintre écrivit : « J’ai perdu mon émulation »[51]. Il est plus particulièrement attiré par l'école bolonaise dont il remarque la simplicité des compositions et la vigueur du dessin. En 1788, David fait le Portrait d'Antoine-Laurent Lavoisier et de sa femme. Refusant les nombreuses interventions de Gros et de ses élèves, qui ont fait une pétition pour obtenir son retour en France, et les offres de pardon du roi Louis XVIII, ainsi que la proposition du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III qui désire faire de David son ministre des arts, il choisit de rester en Belgique. Les œuvres les plus caractéristiques sont Le Serment du jeu de paume, La Mort de Marat et Le Sacre. En 1883, Jacques-Louis Jules David, le petit-fils du peintre et auteur d'une importante monographie Le peintre David, souvenirs et documents inédits, remarqua lors de l’exposition Les Portraits du siècle que sur les dix-neuf toiles présentées comme autographes, seules quatre pouvaient être considérées sans conteste de la main de David, et signale qu’aucun des six autoportraits exposés n’est authentique[228]. Les projets d'habillement, gravés par Vivant Denon sont visibles sur Commons : Élie Faure, Histoire de l'art, art moderne tome I, Folio Denoël 1987 p.302. C'est une des rares œuvres à thèmes religieux peintes par David. Retrouvez les œuvres d’art en vente et toutes les informations sur Jacques-Louis David (français, 1748-1825). Oeuvres , Reproductions D'art De Musée La Mort De Socrate - 1787 De Jacques Louis David "La Mort de Socrate" Jacques Louis David - huile sur toile - 130 x 196 cm - 1787 - ( Metropolitan Museum of Art (New York, United States) ) Par comparaison avec ses précédentes compositions historiques, David montre une approche moins théâtrale, un modelé et des couleurs plus franches, mais reste encore influencé par le style français et baroque que désormais il rejette. En août 1800, le roi d'Espagne Charles IV, dans le contexte d’une consolidation des relations diplomatiques et de coopération avec le nouveau pouvoir lié aux récentes victoires de Napoléon Bonaparte, commande, par l’intermédiaire de l’ambassadeur Charles-Jean-Marie Alquier, à l'ancien régicide David un portrait du Premier Consul pour son palais royal. En octobre 1804, David reçoit de Bonaparte devenu empereur sous le nom de Napoléon Ier, la commande de quatre tableaux de cérémonie : Le Couronnement, La Distribution des Aigles, L’Intronisation et l’Arrivée à l’hôtel de ville. En 1772, il manque à nouveau le premier prix avec Diane et Apollon perçant de leurs flèches les enfants de Niobé[n 1], le grand prix étant décerné ex-æquo à Pierre-Charles Jombert et Gabriel Lemonnier, à la suite d’un vote arrangé du jury[15]. À partir de la Révolution, il essaye d'adapter son inspiration antique aux sujets de son temps en peignant aussi des œuvres à sujet contemporain. Jacques-Louis (1748-1825), représentation maximale du néoclassicisme. Ces échecs successifs ont une incidence sur l’opinion de David contre l’institution académique. Représentant du peuple à la section du muséum, il siège avec le parti de la Montagne. Je fis des notes pour ce que je n'eus pas le temps de dessiner, ainsi on peut croire, en voyant le tableau, avoir assisté à la cérémonie. Il se met à son service quand celui-ci accède au pouvoir impérial, et il réalise pour lui sa plus grande composition Le Sacre de Napoléon. David décide de présenter les deux premières versions du portrait équestre dans le cadre de l’exposition payante des Sabines, ce qui provoque un tollé dans la presse qui critique le peintre de ne pas les avoir exposées au Salon dont l'accès est libre, alors que les deux toiles ont été payées par leurs commanditaires. À partir de 1810, les relations entre David et le pouvoir se distancient, principalement à cause des difficultés de paiements des tableaux du Sacre et de La Distribution des Aigles, qui fut son dernier travail pour Napoléon. Il remarque aussi dans l'autoportrait de 1794 une cicatrice traversant la joue sous l'orbite gauche qui peut justifier la présence d'un granulome ou d'un neurome résultant d'un traumatisme du nerf facial[133]. Les deux œuvres furent exposées au Salon de peinture de 1795. Dans sa biographie sur David, Delécluze expose le programme de son maître : « J'ai entrepris de faire une chose toute nouvelle […] je veux ramener l'art aux principes que l'on suivait chez les Grecs. Le caractère harmonieux qui avait fait le succès du Sacre fait défaut dans la Distribution des aigles de facture plus faible. Ce sont des personnages de cristal qu'il nous a fait là... Quel dommage ! David montre ici sa virtuosité à traiter les accessoires, les instruments de chimie constituent une nature morte dans le tableau[196]. A la fin de la royauté, il … Achevé en 1780, le tableau est présenté dans une salle du palais Mancini et produit une forte impression sur les visiteurs romains. Cependant, à son retour de Naples, il réalise deux œuvres majeures qui témoignent d'une nouvelle orientation. Selon les biographies[11],[14],[130] l'origine de cette tumeur est consécutive à une blessure dans la bouche due à un combat à l'épée ou un exercice d'escrime qui se serait déroulé dans l'atelier de son maître Vien. D’Angiviller, craignant une comparaison entre l’intransigeance du consul Lucius Junius Brutus sacrifiant ses fils qui conspiraient contre la République romaine et la faiblesse de Louis XVI face aux agissements du comte d’Artois contre le tiers état, ordonna de ne pas l’exposer, alors qu’il s’agissait d’une commande des Bâtiments du roi[53]. David se retire en banlieue parisienne, à la ferme Saint-Ouen (Favières, Seine-et-Marne), dans la maison de son beau-frère Charles Sériziat. Ce qui lui valut le surnom de « Grosse-Joue » ou « la grosse joue » par la presse royaliste pendant le Directoire[129]. Par l’intermédiaire des frères Trudaine, il fait la connaissance entre autres de Chénier, Bailly et Condorcet ; au salon de Madame de Genlis, il rencontre Barère, Barnave et Alexandre de Lameth, futurs protagonistes de la Révolution[57]. En voulant aller plus loin que leur maître, le groupe des Barbus voulait radicaliser le néo-classicisme en l'orientant vers une Antiquité plus primitive, inspiré du style grec le plus archaïque. En fait, depuis 1802, l’administration des arts était confiée à la seule charge de Dominique Vivant Denon. Deux mois après, son nom est rayé du registre de l'Académie des beaux-arts. Il étudie attentivement les Antiques, réalisant des centaines de croquis de monuments, de statues et de bas-reliefs. ... Jacques-Louis David. En, 1816, lorsque son enseignant Jacques-Louis David était envoyé en asile, il hérita de son studio et prit sa place en tant que professeur à l’École des Beaux Arts. Le 17 septembre 1792, il est élu 20e député de Paris à la Convention nationale, avec 450 voix aux élections du second degré[69], et le soutien de Jean-Paul Marat qui le classe parmi les « excellents patriotes »[70]. Jacques-Louis David se marie en 1782 avec Marguerite Charlotte Pecoul, et postérité : D'or à la palette de peintre de sable chargée de deux bras de carnation mouvant à dextre d'un manteau de gueules, la main dextre apaumée, la sénestre tenant trois sabres de fer poli ; le tout soutenu d'une champagne de gueules au signe des chevaliers[140],[142]. Cependant, il protège Dominique Vivant Denon en le faisant rayer de la liste des émigrés et en lui procurant un poste de graveur[83], appuie la nomination de Jean-Honoré Fragonard au conservatoire du Muséum des Arts, et aide son élève Antoine Jean Gros, dont les opinions royalistes pouvaient en faire un suspect, en lui donnant les moyens de partir en Italie. Il avoua plus tard avoir été comme opéré de la cataracte. Le Serment du jeu de paume était un projet d'envergure qui ne fut jamais achevé. Il dispose d'une loge à Notre-Dame d'où il peut suivre les épisodes et les détails de la cérémonie du sacre. Elle s'arrêtait en 1806, avant l'exposition du Sacre. Comprend la période, allant du second séjour à Rome, jusqu'à l'exposition du Brutus précédant la Révolution. David finit par renvoyer les meneurs du groupe, Pierre-Maurice Quay et Jean-Pierre Franque, son assistant pour Les Sabines, qu’il remplace par Jérôme-Martin Langlois. Ceux-ci regroupé en secte des Barbus, reprochèrent au maître de ne pas avoir été assez loin dans l'archaïsme et le primitivisme esthétique. Le Brutus connaît une grande popularité auprès du public, allant jusqu’à influencer la mode et le mobilier. Mais surtout il peint ses personnages principaux nus. Loin d'être opposé, il lui reste fidèle et reprendra l'atelier de David lors de son exil. D'autres sources l'attribuent à son fils Adolphe Thibaudeau, journaliste et important collectionneur de dessins[253]. Il n'empêche pas l'exécution d'anciens amis ou commanditaires comme les frères Trudaine, Lavoisier, la duchesse de Noailles, pour qui il avait peint un Christ en Croix, ou André Chénier. Cette attribution avait déjà été suggérée par A. Mahul dans sa notice nécrologique et Delafontaine[250].