Généralement, et en écartant de la discussion les incertitudes sur les impacts du changement climatique, la vulnérabilité (V) et la capacité d’adaptation (CA) sont deux caractéristiques considérées comme inversement proportionnelles, un faible niveau de V engageant de bonnes CA, et vice versa. Il est donc essentiel de pouvoir s’adapter et suivre le mouvement. Comment concilier des visions et des objectifs différents ? Très schématiquement, les responsables politiques nationaux vont avoir tendance à entrer dans le thème sous l’angle de la stratégie, renvoyant ainsi à des logiques politiques dont ils ont la responsabilité. Cette relation est à explorer. 2Il conviendra dans un premier temps de montrer en quoi l’approche qui lie systématiquement faible niveau de développement et faible capacité d’adaptation au changement climatique porte en elle de sérieuses limites tant pour la réflexion que pour l’action. 77-86. On entend par trajectoire d’adaptation le cheminement suivant lequel un territoire (quelle que soit l’échelle spatiale considérée) tente de s’adapter au CC (variabilité climatique comprise). Soutenir la capacité d’adaptation au changement climatique dans les forêts du bassin du Congo 11Il ressort de cette rapide analyse une grande complexité qui ne fait qu’accentuer la difficulté à repérer les populations « prioritaires », mais qui démontre qu’élargir l’appréhension de l’adaptation et des stratégies d’adaptation au-delà des seuls aspects économiques est incontournable. Paris, Analyses Iddri, 01/2009, 30 p. Magnan, A. biac-aclc.ca. Toutefois, les stratégies d’adaptation qui se révèleront efficaces (ou pas) sur un temps long (quelques décennies) nécessitent d’être pensées et parfois mises en œuvre dès maintenant. 60Il nous semble que traiter du thème de l’adaptation au CC conduit à distinguer trois dimensions dans ce que l’on nomme adaptation. Il convient dès lors de tenir compte à la fois de caractéristiques environnementales et anthropiques et ce, dans divers domaines (économique, socioculturel, politique…). La relation en boucle entre V et CA. Capacité d’adaptation au travail, une qualité très demandée Dans un monde qui change à vue d’œil, de nouveaux métiers émergent chaque jour tandis que d’autres disparaissent. Klein, S. Huq (Eds. 2 Il conviendra dans un premier temps de montrer en quoi l’approche qui lie systématiquement faible niveau de développement et faible capacité d’adaptation au changement climatique porte en elle de sérieuses limites tant pour la réflexion que pour l’action. L’analyse des interactions entre ces facteurs nécessite donc elle aussi d’être développée. En effet, l’ultime finalité de l’adaptation au CC, si elle passe par la réduction de la sensibilité du système aux risques naturels et par l’accroissement de sa résilience (Adger et al., 2005), est bien l’amélioration ou le maintien de la qualité de la vie des êtres humains. Slideshare uses cookies to improve functionality and performance, and to provide you with relevant advertising. visitez le blogue de [VertigO] en cliquant ici : http://vertigo.hypotheses.org/608. Pour couvrir ces 3 dimensions en entretien de recrutement, nous vous proposons quelques pistes de questions à poser à vos candidats : Le besoin de changement : « Décrivez un grand changement au travail que vous avez vécu. Ce manque ouvre la porte au raccourci consistant à lier la vulnérabilité à un faible niveau de développement, préjugeant alors que ce dernier englobe les autres déterminants. Arnell, E.L. Tompkins, 2005, Successful adaptation to climate change across scales, Global Environmental Change, 15, pp. En effet, l’ensemble de ces facteurs pourrait constituer la base d’une grille méthodologique d’évaluation de la CA, ce qui suppose d’approfondir la recherche d’indicateurs et de critères pertinents pouvant décrire chacun de ces facteurs de manière pragmatique, c’est-à-dire en renseignant la nature du facteur à partir de données concrètes collectées sur le terrain (statistiques, entretiens, enquêtes, observations…) (Figure 2). APHORISMES (1) « Les espèces qui survivent ne sont pas les plus intelligentes ni les plus fortes, mais celles qui s’adaptent le mieux au changement » (attribué à Charles Darwin) « Rien n’est permanent sauf le changement » (Proverbe bouddhiste) Personne ne peut diriger le vent, mais on peut toujours apprendre à ajuster ses voiles Il n’y a rien de négatif dans le changement si c’est dans la bonne direction (Winston … Plus précisément et compte tenu du fait que les capacités économiques de la population sont appréhendées dans le facteur « conditions de vie », il nous semble qu’en matière de flexibilité du système, de son aptitude à s’ajuster aux changements en cours et à venir, c’est sur le niveau de diversification économique que l’attention doit être portée. 29Faire référence à divers déterminants et à leurs croisements multiples revient à dire que « the coping range [ = adaptive capacity] is location-specific, group-specific and time-specific » (Smit et Pilifosova, 2003, p. 14). 283-295. Cela renvoie à deux éléments de réflexion essentiels. Oui, si la CA ne se fragilise pas au cours du temps, exposant d’autant le territoire aux conséquences du CC. En effet, bien que chacune de ces catégories puisse elle-même faire ponctuellement référence à diverses échelles de mise en œuvre, la tendance d’ensemble est à ce que les projets s’appliquent davantage à des échelles micro et les politiques à des échelons macro et/ou trans-sectoriels. Elles doivent de fait être promues mais ne pas concerner seulement des pays à faible niveau de développement. Si des pays comme la France peuvent se relever d’un épisode ponctuel, quel sera l’impact d’une succession de ce type d’épisodes ? Nous nous inscrivons ici pleinement dans l’idée développée par B. Smit et J. Wandel (2006) suivant laquelle les recherches sur la V et la CA se fondent sur des indicateurs qui apportent certes des choses intéressantes en termes de réflexion sur la V et la CA, mais dont le but se cantonne le plus souvent à mesurer des niveaux de V – et éventuellement de CA – sans véritablement aller plus loin dans la compréhension des déterminants et des processus sous-jacents. Ainsi, un territoire faiblement exposé aux risques naturels pourrait potentiellement éprouver des difficultés à résister à un risque « nouveau », alors qu’une société habituée à gérer son développement au gré d’aléas naturels à la fois fréquents et variés – et qui peuvent justement être l’une des causes de son faible développement – pourrait se révéler plus apte que la précédente à intégrer les conséquences du CC. Figure 1. 6 astuces pour développer sa capacité d’adaptation; Qu’est-ce que l’adaptabilité ou la capacité d’adaptation ? C’est selon nous sur cette base nuancée et pragmatique que doivent être bâties les stratégies d’adaptation. Quels équilibres sont à construire entre interventions publiques et privées ? Burton, I., 1997, Vulnerability and adaptive responses in the context of climate and climate change, Climatic Change, 36, pp. 5 Les éléments qui entrent en jeu pour expliquer la résistance et/ou l’anticipation ne sont pas forcément les mêmes ni face à des risques naturels différents (par ex., submersion et glissement de terrain), ni face à des types de risques distincts (par ex. Enfin, précisons d’ores et déjà ici qu’une autre raison d’être prudent quant à la manipulation du facteur « cohésion socioculturelle » est que les relations sociales ont des effets sur les dimensions certes sociales, mais également économiques et environnementales, et leurs répercussions peuvent être tout autant favorables que défavorables à la stabilité du système – territoire ou société – (Pelling et High, 2005 ; Callois, 2006). Ainsi les réflexions sur l’adaptation doivent-elles nécessairement tenir compte de ce lien adaptation/mitigation, et la question-clé est la suivante : entre enjeux d’adaptation et enjeux de mitigation, quels effets de synergie sont à valoriser et quelles rétroactions négatives sont à éviter dans le cadre de stratégies pragmatiques de lutte contre le CC et, plus généralement, de développement soutenable ? L’adaptation cherche à modérer voire à évi- Autrement dit, elles sont à la fois causes et conséquences d’autres caractéristiques et mécanismes de la société, et elles ont donc elles-mêmes une influence plus ou moins directe sur d’autres déterminants de la CA. D’autres « contradictions d’influences » sont à soulever qui ne peuvent émerger qu’à l’épreuve de travaux de terrain. Au plus votre capacité d’adaptation est développée et construite, au plus la phase de déstabilisation inconfortable sera courte et transitoire. Gallopin : « Adaptability or adaptive capacity of human system can also be defined as the capacity of any human system from the individual to humankind to increase (or at least maintain) the quality of life of its individual members in a given environment or range of environments » (2006, p. 300). Inscription; About; FAQ; Contact Enfin, notons que la dimension processus fait par ailleurs spécifiquement référence à l’idée d’évolution des schémas de développement à promouvoir. Ce point invite à rappeler que l’analyse de la CA doit se faire sur une base objective, sans jugement de valeurs amenant à considérer des schémas d’organisation comme étant a priori plus aptes que d’autres à s’adapter à la variabilité comme au changement climatiques11. Accompagner son équipe dans le changement: Annoncer un changement à son équipe: ... de sa capacité d’adaptation, de sa personnalité… est un gage de réussite pour convaincre son interlocuteur. Positiver la situation en listant les améliorations dues au changement. On retrouvera ici de manière sous-jacente la question des échelles spatio-temporelles pertinentes. Pourtant, l’utilité de les dissocier, même artificiellement, est bien réelle, car au-delà d’alimenter les réflexions conceptuelles sur l’adaptation au CC, l’exercice peut favoriser l’adéquation des connaissances scientifiques sur l’adaptation et sur la CA aux discours de divers types d’interlocuteurs, amenant à terme à une meilleure compréhension des logiques de l’adaptation en général. 21Le degré de diversification économique – Si la première partie de ce texte mettait en garde contre la surestimation du poids du facteur économique sur la CA, il n’en reste pas moins que celui-ci exerce une influence. Dynamique, d’abord, parce que l’adaptation au CC ne doit pas être entendue comme un objectif idéal aux contours fixes et qu’il faudrait construire et atteindre sur une période de temps relativement longue (échelle de plusieurs décennies), mais davantage comme un état progressif et qui ne sera jamais stabilisé. 51- Adaptation et innovation: s’il s’agit dans les deux cas de faire émerger de nouvelles manières de vivre le présent et de se projeter dans l’avenir, l’innovation est-elle nécessairement un principe incontournable d’adaptation ? L’effet peut être direct (modification d’un rendement agricole en réponse à une variation de la moyenne, de la fourchette, ou de la variabilité de température, par exemple) ou indirect (dommages causés par une augmentation de la fréquence des inondations côtières en raison de l’élévation du niveau de la mer, par exemple) ». Pour faire ce lien, une démarche en trois étapes est proposée ici qui dépasse l’objet d’étude CA en tant que tel pour s’intéresser davantage à l’adaptation en général et aux passerelles qui existent entre l’adaptation au CC et le développement soutenable. Constant CALVO Directeur Associé. 16La seconde raison qui explique la difficulté à identifier des facteurs d’influence est que, quels qu’ils soient, ces derniers interagissent, leurs effets se cumulant et/ou se contrecarrant. L’analyse spécifique de la CA permet entre autres d’alimenter par des connaissances précises et concrètes cette vision en trois dimensions. 59Les trois étapes évoquées à l’instant abordent (i) les trois grandes dimensions suivant lesquelles on peut décrypter ce qu’est l’adaptation ; (ii) le caractère nécessairement évolutif des schémas d’adaptation, qui décrivent de fait des « trajectoires d’adaptation » ; et (iii) l’inscription de ces trajectoires d’adaptation dans l’ensemble plus vaste des « trajectoires de développement », angle d’approche pertinent à nos yeux pour traiter de soutenabilité sur le long terme, car il recouvre précisément cette idée de changements dans la continuité. Suivant quelles logiques peut-on alors favoriser cette potentielle complémentarité entre adaptation et résilience ? 3 Il se pose par exemple dans des termes similaires au sujet de la mise en œuvre de la gestion intégrée des zones côtières, ou encore de l’identification d’indicateurs de capital social (Pelling et High, 2005). 12. Quelles relations existent réellement entre V, CA et niveau de développement ? Cela a des implications dans la manière de penser l’adaptation, qu’il s’agisse des stratégies à mettre en place ou encore des choix politiques à opérer à différentes échelles spatiales et temporelles. Toutefois, la question se pose là encore de l’existence ou non d’un « seuil de diversification » : l’influence de la pluriactivité s’estompe-t-elle dès lors qu’un certain degré d’éparpillement des secteurs économiques est atteint et que finalement, aucun secteur fort ne caractérise plus le territoire ? ... au changement climatique. On ne peut par ailleurs pas considérer aujourd’hui que les pays les plus en pointe du développement ont fait la preuve d’une remarquable et irréprochable adaptation aux contraintes environnementales.